Lettre de réclamation pour faire cesser un excès d’élogisme

Voici la toute dernière pépite. 

Contexte : afin de respecter la sensibilité de chacun, je ne retranscrirai pas ici l’annonce de mon ami épistolaire du jour, il s’agissait d’une annonce postée sur le site Leboncoin en vue de vendre une jolie maison sur Toulouse dans un quartier recherché. Mon ami du jour était pour le moins élogieux quand au bien qu’il vendait. Tout était « très beau », « très joli », « très spacieux », lumineux » et tutti quanti. L’annonce d’un esthète assurément. Or, c’est bien connu, une fois qu’on devient propriétaire, la moindre croûte qu’on accroche sur nos murs devient sublime !

L’annonce parlait notamment d’une maison « nichée dans un quartier très recherché », d’un « parquet en chêne massif » et « en bois exotique » et enfin d’un « plan de travail en corian ».

La lettre :

Bonjour,

Il y a trop de « très » dans votre annonce. J’en ai la nausée. A l’avenir merci de ne pas polluer mes recherches avec vos annonces racoleuses. Ce n’est pas bon pour mon fluide karmatique.

Et ce, quand bien même vous avez des niches dans le quartier, des parquets à gland ou encore des plans de travail en coriandre.

Merci

Tristan Mausurga (Pseudo du jour : Edgar)

La réponse (enfin, les réponses échelonnées sur 2 heures. Commencer la lecture des réponses par le bas) : 

CAPTURE LEBONCOIN

Lettre de renseignements pour culture de champignons dans une cave non humide

Description de l’annonce sur Leboncoin :

« Vend cave saine et sans humidité a 100m du capitol pour stockage ou tous autre »

Lettre de renseignements pour culture de champignons : 

     Bonjour,

    Je vous contacte pour votre cave. Je suis champignonnier et je suis actuellement à la recherche d’une cave pour domicilier mes champignons.

     Pour tout vous dire, je suis récemment allé en Sarthe pour ramasser des cèpes. Ce n’est plus vraiment la saison mais comme Le Mans sort tout juste de l’été indien, je me suis dit qu’avec un peu de chance, quelques cèpes aurait pu pousser.

     Malheureusement ce ne fût pas le cas et je suis rentré à Toulouse bredouille. Or, si je suis allé cherché des champignons en Sarthe c’est parce que j’aimerais en offrir à mes beaux-parents à Noël. Car mes beaux-parents sont gentils.

     Aussi, ma question est simple : Vous avez dit que votre cave n’est pas très humide, mais peut-on y élever des champignons ? Si oui, je souhaiterais la visiter sans tarder.

      Cordialement,

     Tristan Mausurga

La réponse:

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Lettre d’achat de brique de Lego

 

Offre de Lego d’occasion sur Leboncoin

« …

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Lot lego vrac environ 4,8 kg
Conforme photo
Possibilite d’envoi postal pour 20 euros en colissimo ou pour 13 euros en mondial relay
A SAISIR
***********
(lou)… »

Lettre d’intention d’achat : 

          Bonjour Lou,

 

          Je m’appelle Tristan.
         Je suis très intéressé par vos legos. Cela dit, je ne souhaite pas acheter l’intégralité de votre lot. Etant dans une situation financière inconfortable, je ne peux vous achetez qu’une brique.
       Aussi je  propose de vous acheter la brique vert pomme située au centre-haut de votre photographie (entre la brique vert foncée et la brique orange guantanamo).
        Comme vous demandez 50 euros pour 4,8 kilos, j’ai effectué un produit en croix. une brique de 2X4 faisant environ 1,4 grammes, elle vaudrait, selon votre prix global, environ 1,34 centimes.
        Ma demande étant légèrement incongrue, je vous en propose donc 1,50 centimes.
     Aussi, pourriez-vous m’envoyer, à vos frais, cette brique par la poste. Et je vous adresserai en retour, un chèque de 1,50 centimes libellé à votre ordre.
         Je vous remercie et vous souhaite une agréable journée.
        Tristan Mausurga

Lettre de réclamation Biguine Makeup

Cher Biguine Makeup,

Je me présente. Tristan de mon prénom. Mausurga de mon nom. Je prends la plume aujourd’hui après avoir pris la mouche hier. Vingt quatre heures n’ont pas été de trop pour faire retomber la pression de la marmite embarrassante dans laquelle vous m’avez mis par ricochet. Fervent défenseur des intérêts de ma belle famille, c’est au nom de ma belle-mère que je vous écris aujourd’hui. Cette dernière dans ma lettre, mais première dans le cœur de ma compagne, m’a sollicité pour la première fois et j’espère la dernière.

Je m’explique.

Les faits sont graves…

Je disais donc, je m’explique.

Samedi dernier,  la mère de ma compagne a décidé de se faire belle. La belle-mère donc, a délesté son porte-monnaie de quelques sous pour s’offrir votre marqueur à lèvre qu’elle ne peut plus souffrir aujourd’hui.

Maquillée comme jamais, sapée comme toujours, elle se rendit dès le samedi soir honorer l’invitation de Papy Marcel à souper. Le dîner fut de bonne facture, les convives  de bonne compagnie et les maquillages élégamment réalisés. Un repas sans histoires donc, si on ne prend en compte celles de Papy Marcel toujours prompt à nous en raconter de bonnes. Mais là n’est pas le sujet. D’ailleurs, d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais vu papy Marcel maquillé.

Ce n’est pas un problème de Samedi, mais un problème de Mardi.

Car figurez-vous que le mardi suivant, la belle-doche, en femme active qu’elle est, s’était Mis en tête de sortir à nouveau. Maquillée par vos soins.  Grand mal lui en a pris : le marqueur ne fonctionnait plus. Plus du tout. Plus sec qu’un coup de trique. Je ne vous fais pas la scène, elle était prête à monter sur ses grands veaux à peine nés.
Car à ses heures perdues, elle cultive des veaux et élève des céréales. Et la pensez-vous sincèrement  capable de vendre des paquets de veaux qui seraient pleins le samedi et vides le mardi soir ? Non car la brave dame a une conscience professionnelle qui semble vous faire cruellement défaut. A moins qu’elle ne soit que « semi-permanente » comme votre marqueur ?

Voyez la cascade de doléances que votre incompétence a engendré au sein de ma famille d’ordinaire si calme.

Certainement qu’un de vos employés, s’est loupé sur l’un de vos marqueurs. Manque de pot, la belle-doche l’achète et se sent plus floutée que marquée. Elle s’en plaint légitimement auprès de sa fille qui partage mon lit mais aussi les angoisses matriarcales marquées au fer rouge par cette histoire. Et je me retrouve moi-même à devoir vous écrire pour que tout cela cesse.

C’est tout de même incroyable qu’en 2018, un rouge à lèvre ne puisse pas fonctionner au moins deux fois.

Aussi, même si je veux bien entendre que cette triste affaire relève plus de la bévue que de l’escroquerie, je souhaiterais savoir ce que vous comptiez faire afin d’indemniser ma belle-mère ?

Un geste commercial sur ses prochains achats seraient évidemment les bienvenus (s’ils fonctionnent évidemment), ou, à tout le moins, quelques petits objets à l’effigie de votre marque ?

Cette demande étant des plus sérieuse, j’attends un prompt retour de votre part.

Ne me faite pas le coup de Lidl qui font les morts après m’avoir berné avec du saumon.

Cordialement,

Tristan Mausurga

Lettre de candidature à Koh Lanta

LYON                                                                      Le 26 décembre 2016

Mon petit Denis, (Tu permets que je te tutoie)

Grand consommateur de bouillabaisse, je n’en suis pas moins friand de champignons et autres cétacés. C’est pourquoi je me permets de te soumettre ma candidature pour la prochaine saison de Koh-Lanta. Un lien sans rapport vaut mieux qu’un rapport sans lien. Et si tu ne comprends pas cette phrase, dis-toi bien que moi non plus mais qu’elle prend alors tout son sens.

Souffrant du syndrome de Thevenoud, je n’ai pu me résoudre à remplir ton formulaire. Ma personnalité rayonnante ne saurait rentrer dans tes cases sinistres. C’est bon pour les notaires et autres cervelets déconfits. Ce pourquoi je préfère t’écrire une lettre. Car, vois-tu, je suis un lyrique moi. Et la poésie m’impose de ne pas simplement te répondre mais bien plus encore de te raconter. Mais n’aies crainte mon petit Denis, je répondrai sans détour à toutes tes questions.

Tu me demandes de me décrire en quelques lignes :

Ouhhhh mon Denis… Je te vois venir avec tes chemises froissées et tes phrases toutes faites. Mais crois-moi, il y a autant de synapses dans mon cerveau que de poils sur ton avant-bras, alors on me l’a fait pas à moi. Et mon flambeau, t’es pas prêt de l’étouffer. Tandis que moi, c’est dans les œufs que j’m’en vais t’étouffer toute stratégie que pourraient concocter les autres mercenaires. Mais je vais quand même t’avouer deux, trois trucs.

Autant te le dire tout de suite :  j’ai toujours eu un gout prononcé pour l’aventure. Tout petit déjà, avec Maurice (Maurice, c’est mon cousin – enfin c’était mon cousin parce que depuis on est fâchés) je démoulais de gros pâtés de sable sur la plage de punk-nudistes de Saint Lunaire. Ce qui m’a clairement endurci le cuir. Je peux même te confesser que je m’y suis risqué à la confection de circuit de billes. Moins efficace que les pâtés de sables avec les filles mais tout à fait souverain sur le plan géopolitique.  Et aujourd’hui je manie le bigaro comme personne.

Comme je suis lyonnais, et malgré ce que peut laisser transparaitre la brindille qui me sert de corps, j’aime la bouffe. Les bourges diraient volontiers que je suis un épicurien. Moi j’préfère dire que j’aime me tartiner la panse. Donc autant te dire tout de suite que j’ai hâte de m’enfiler sans vergogne un baril de larves. Tes yeux de marlin, j’vais t’en faire de la mousse à blinis.

Mais ce n’est pas tout mon petit Denis. La nature (mais aussi un peu ma maman) m’a doté d’un physique que l’on pourrait qualifier d’efficace : J’ai une santé de fer, un mental d’acier et un corps d’Ebène. En d’’autres termes et comme l’a dit Greg le Millionnaire avant moi : je suis tout dur de partout.

Tu me demandes pourquoi je veux participer à Koh-Lanta ?

Premièrement : au cas où tu l’aurais pas remarqué, j’ai pas un mental de participant moi. J’ai un mental de winner. J’suis pas là pour faire de la figuration coubertine à la mord-moi l’foulard.

Deuxièmement, je souhaite participer parce que je suis créatif. J’ai d’ailleurs inventé le Rumikscube. Malheureusement, il avait déjà été inventé par son inventeur, Monsieur Rumikscube. Ce que j’ignorais bien évidemment. Mais c’est toujours pareil avec l’histoire : on retient le nom de ceux qui ont inventé des trucs mais jamais celui de ceux qui ont inventé ces trucs avant mais qui ne l’ont pas dit. L’histoire maltraite les modestes.

Mais comme je te le disais, je suis un créatif. J’suis un peu le Tom Selleck  de la survie moi. Je dis pas ça pour la toison babinière mais plus pour le charisme d’aventurier. Tu m’files un tournevis playschool,  j’te fais le Titanic en bambou.

J’ai donc du Charisme. Ce n’est pas moi qui le dit ce sont les autres. Si tu veux, quand je parle, on m’écoute. Et puisque j’ai toute ton attention, je propose une variante à ton jeu qui serait le nudisme. Cela dit, afin de ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes, je suis prêt à me nouer le foulard autour du pénis. Tu vois comme je peux être diplomate et transigeant. Mais surtout créatif. Et je pense qu’être créatif, c’est bien. Voilà.

III – Tu me demandes en quoi Koh Lanta va changer ma vie ?

Changer ma vie ? Ça va les chevilles Denis ? Elles ont dû prendre un peu trop le soleil… Faudrait peut-être voir à remonter en Europe là. Ok Koh Lanta c’est cool. Mais ça reste un jeu. Et la dernière fois que j’ai fait un Monopoly on peut pas vraiment dire que ça a changé ma vie. Je sais toujours pas ce qu’est une hypothèque d’ailleurs. Et a priori, c’est pas d’apprendre à pêcher le bulot en moule-bite qui va me faire rentrer au panthéon.

Non sérieux mon petit Denis, on voit bien que ça fait longtemps que t’as pas descendu les poubelles toi.  Le boulard du type quoi. Parle de toi à la troisième personne tant que t’y es.

A la limite je veux bien aborder avec toi le sujet de l’isolement. Pour sûr que me faire chier 40 jours durant à dépoiler des noix de coco va changer quelque peu mon quotidien, je peux te l’accorder.

Après, comme la plupart des génies en ce bas monde, je suis assez esseulé. J’entends par là que je suis incompris. Enfin que je n’ai ni famille, ni ami. Donc c’est pas vraiment l’isolement qui me taraude. C’est plus ma copine qui compte bien me voir chialer d’amour avec le filet de bave de concombre de mer séché au coin de la bouche. Faut dire que c’est rude. 15 jours de séparation, ça te foutrait en l’air le couple le plus soudé…

IV – Tu me demandes pourquoi vous devriez me choisir moi plutôt qu’un autre ?

         Là j’avoue que c’est une colle. J’suis plutôt modeste moi et j’aime pas trop me mettre en avant. Alors autant te le dire toute de suite : vaut mieux prendre un autre type.

         Parce que j’suis pas du genre à prendre la place des autres. Je peux même dire que Tristan déteste se mettre à la place des autres.  Tout au plus va-t-il analyser – souvent avec brio – la situation. Pour être au-dessus de la masse, comme aime à le rappeler son entourage souvent admiratif, toujours envieux. Mais il s’accommode parfaitement de la jalousie qu’il peut provoquer, surtout chez les hommes, qui supportent mal son aura naturelle qui fait de lui un homme accompli, un gendre idéal, mais surtout un amant digne de ce nom. Il est de ceux dont les femmes disent qu’elles n’ont jamais connu ça avant lui… En d’autres termes, il est humble mais pas modeste. Certainement que si tu étais une femme tu n’aurais d’ailleurs par le culot de lui demander de postuler et tu lui ouvrirais bien grandes les portes de ton palais télévisuel.

Je m’égare. Mais il me semble que j’ai quand même ouvert une brèche. Si tu ne me sélectionnes pas mon petit Denis, je suis capable de de faire une connerie. C’est sérieux ce que je dis… J’pourrais p’t’être bien me mettre à regarder plus belle la vie ou pire encore postuler pour l’amour est dans le pré (à mes heures perdues il m’arrive de chafouiner dans le foin avec quelque bovidé égaré). Alors réfléchis bien avant de me dire non mon petit Denis. Et pose-toi cette simple question : pourquoi est-ce qu’on ne le prendrait pas lui ?

         Bon. Et bien je crois que je t’ai fourni un certain nombre de raisons qui te permettront de prendre ta décision.

         Ah oui. J’ai oublié de te dire mon livre de chevet c’est « vendredi ou les limbes du pacifique » alors si ça c’est pas un signe… Bon après comme tout livre de chevet, j’ai lu les trois premières pages et depuis il prend la poussière. Mais quand même …

                           Bien à toi,

                          Tristan Mausurga

Lettre de réclamation aux Incollables

Chers Incollables,

C’est en consommateur affligé que je me permets de vous écrire aujourd’hui, après avoir utilisé votre jeu de devinettes « Les incollables » (4-5 ans moyenne à grande section).
Figurez-vous que je ne suis pas en moyenne maternelle. Pas plus qu’en grande maternelle. Car j’ai 31 ans. Mais je suis friand de devinettes. Donc je me suis essayé à votre jeu. Comme j’ai le sens du détail, j’ai constaté que vous n’avez pas celui des proportions. En voici un exemple flagrant, une des question de votre jeu est ainsi libellée: Que trouve-t-on dans un congélateur ? Votre réponse, bien qu’incomplète, semble pertinente puisqu’il s’agit de glaçons.

Ce n’est pas la réponse qui pose problème. C’est son illustration. En effet, les glaçons illustrant votre réponse sont très largement disproportionnés. A-t-on déjà vu des glaçons plus gros que des carottes ou encore des petits poids plus gros que des frites ? (Car
vos petits poids congelés sont également disproportionnés.)

Je vous le dis tout net. Vos glaçons sont trop gros. Cela me pose d’autant plus de soucis que sur la couverture de votre jeu, il est inscrit : « es-tu prêt pour la grande section? ». Comment voulez-vous qu’un enfant réussisse sa grande maternelle s’il n’est pas à même de comprendre qu’un glaçon, non seulement ne saurait être aussi gros, mais qu’en plus il devrait être rangé dans un bac à glaçons. Si votre frigo n’est pas rangé, comment vais-je expliquer à mon neveu qu’il doit ranger ses Duplos après utilisation?

Aussi, je voudrais savoir ce que vous comptiez faire pour restaurer ma crédibilité auprès de mon neveu ?  Quelques petits goodies ou des bols à l’effigie de votre marque, seraient les bienvenus si vous ne souhaitez pas que cette affaire aille plus loin.

Cordialement,

Tristan Mausurga

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Lettre de réclamation à LIDL

Cher Lidl,
Ceci est une lettre de réclamation. Je réclame ma dernière tranche de saumon.
Voici un bref historique relatant la gravité des faits incriminés. Sachez tout d’abord que si je viens faire mes emplettes chez vous, ce n’est pas pour la qualité mais bien pour la quantité. Sinon j’irais chez Monoprix comme tous les nantis.
Hier, le saumon me manqua. Par votre faute. Constatez ma rapidité compte tenu du fait qu’il ne m’a fallu que quelques heures pour réagir – j’ose espérer pareille réactivité de votre côté pour répondre à mon courrier.
Hier, donc, alors que la sœur de ma compagne nous préparait des toasts de tsatsiki que nous nous apprêtions à parer de vos tranches de saumon, nous fûmes, tous, presque autant fumés que vos saumons. Je m’explique.
 Comme nous étions quatre, nous avions acheté votre pac « Saumon fumé bio » sur lequel il est inscrit an majuscules : « 4 tranches ». Il n’y en avait que trois… Je vous pose donc la question : qui va consoler ma compagne qui n’a pas eu de saumon sur son toast au tsatsiki ? Il est également inscrit sur la paquet « garanti jamais congelé ». Dois-je conclure que votre saumon a tout de même été a moitié congelé  ?
Pour aller plus loin, à l’envers de votre paquet, il est inscrit que cet emballage contient deux portions de 50g. Il faudrait savoir, c’est deux ou c’est quatre ? Parce que là j’en perds mon latin mais surtout mon saumon puisque je me retrouve avec seulement trois tranches.
Aussi, je voudrais savoir ce que vous comptiez faire ? M’offrir une tranche de saumon à titre de dédommagement serait la moindre des choses. Quelques petits goodies comme des bons de réductions, ou des bols à l’effigie de votre marque, seraient également les bienvenus si vous ne souhaitez pas que cette affaire aille plus loin.
Cordialement
Tristan Mausurga

Lettre d’intention de visite d’appartement

L’annonce de vente d’appartement :

« …

Description :

Très rare sur le marché +++, dans un quartier particulièrement recherché, T2 en deuxième et dernier étage d’une petite résidence « bourgeoise ».

Environnement résidentiel, essentiellement pavillonnaire (tout en étant proche des commerces de proximité, et de l’hyper-centre), situé dans une rue calme ou l’on ne peut plus guère construire, l’emplacement de cet appartement, et la vue époustouflante sur la vieille ville de Toulouse lui confère une rareté certaine, garante d’un placement sûr.

A la fois lumineux, calme, et sans vis-à-vis, il assure à ses futurs propriétaires une quiétude très recherchée et de plus en plus rare de nos jours dans les centres ville. Une vue panoramique sur les principaux monuments historique de la ville, ainsi que sur les couchers de soleil chaque soir renouvelés ajoute au caractère exceptionnel de ce bien.

Idéalement distribué et d’un style actuel, il se compose d’une entrée (aux miroirs monumentaux) ouvrant sur, d’un côté la partie « jour » : séjour clair et kitchenette avec cuisine équipée, et de l’autre, la partie « nuit » avec chambre et salle de bain (baignoire d’angle). Toutes les pièces sont climatisées. Le wc quant à lui est séparé.

Tant le séjour que la chambre ouvrent sur le balcon qui coure le long de l’appartement et bénéficient de la vue somptueuse (appartement isolé et disposant de doubles vitrages optimisés dans le souci de garantir l’isolation thermique), exposition ouest.

L’appartement propose aussi un cellier et la possibilité de stationner son véhicule à l’arrière de la résidence sur un parking sécurisé (portail automatique avec bip). Pas de taxe foncière sur le parking puisque vous en aurez la jouissance uniquement sans les taxes !

La résidence offre aussi un joli parc, à l’arrière, ou les soirées d’été peuvent s’étirer à loisir entre amis.

Les charges de copropriété restent modérées en dépit des espaces verts, car aucun ascenseur ni piscine ne viennent les gréver, environ 50 € mensuels.

Prix demandé :178 500 € je reste ouvert à la « discussion raisonnable » compte tenu de la rareté de l’emplacement et aussi de la vue exceptionnelle.

TEL PROPRIETAIRE : 06 33 88 42 73

AGENCES S’ABSTENIR ABSOLUMENT, visiteurs d’un soir aussi !

… »

La lettre d’intention de visite :

TOULOUSE                                                                                Le 20 aout 2018

     Cher Monsieur,

   Il semblerait que votre appartement ait un Delon plus gros que celui d’Alain Melon. Faudrait songer à ne pas abuser des adjectifs qualificatifs et autres superlatifs quand même.

     Somptueuse, très rare, époustouflante, rareté, placement sûr, monumentaux, quiétude très recherchée, caractère exceptionnel, idéalement distribué, somptueuse, rareté, exceptionnelle.

     Je veux bien croire que votre appartement soit passable mais de là à nous chier autant de qualificatifs, j’en ai la nausée (même si j’admets volontiers la densité de votre vocabulaire). Cela dit, je ne vous en tiens pas rigueur et suis même prêt à vous fournir quelques adjectifs que vous avez omis (j’ai quand même été obligé d’aller fouiller dans mon dictionnaire des synonymes, c’est dire) : splendide, fastueux, majestueux, sardanapalesque, entre autres.

  Outre ces quelques observations, je suis disponible pour venir visiter votre appartement. Quand puis-je venir me faire aveugler par tant de beauté ?

      Au plaisir de vous rencontrer,

      Bien à vous,

Tristan Mausurga

Candidature Comptable

Offre d’emploi : 
Description :
SOCIETE IMMOBILIERE RECHERCHE UN(E) comptable à temps plein, CDI sur Toulouse, qui prendra en charge l’établissement des appels de fonds, des relances, des régularisations des charges, des saisies des factures et chèques….
la rigueur , l’autonomie et la capacité d’adaptation seront des atouts pour occuper ce poste à pourvoir pour le 2 avril 2018
merci d’adresser votre candidature : lettre de motivation + cvsalaire + 13ème mois+ tickets restaurants+ mutuelle groupe

Lettre de motivation
Bonjour,

Je suis Notaire.

Par pitié, aidez-moi à changer de métier.

Embauchez-moi.

Cordialement,

Tristan MAUSURGA

Lettre fermée à France Inter

            Bonjour,

         Vous me demandez de prendre le temps de vous écrire longuement. Je serai donc bref. Du moins je vais essayer de l’être. Pour vous être agréable. Mais pour l’être également avec mon temps qui n’a de libre que le nom. Car voyez-vous, le temps que vous me demandez de passer à vous écrire va inexorablement empiéter sur celui que je passe à lire. D’ailleurs c’est c’est un paradoxe savoureux : pour me juger en tant que lecteur, c’est vous qui allez me lire ! Alors qu’il serait plus pertinent de me demander, à moi, de lire, ma foi. D’autant plus que si les bons lecteurs font les bons écrivains, l’inverse n’est pas toujours vrai. Notez bien que je le déplore. Mais comme on ne fait rien avec la déploration, si ce n’est des œuvres d’art, je me suis résigné à vous écrire.

         Pour tout vous dire, j’ai commencé avec le b.a.-ba de la lecture, qui porte bien son nom puisqu’il s’agit du magazine « j’aime lire ». Par soucis d’honnêteté intellectuelle, je vous confesse que je me contentais alors des aventures de Tom Tom et Nana, étant trop fainéant pour lire sans images. Puis j’ai entamé ce que bon nombre de politiques ont connu : une longue traversée du désert. Et c’est ainsi que de sept à quatorze ans, les seuls livres que je lus furent ceux que l’on m’imposa à l’école.

         Vint alors Monsieur Rouillat. Monsieur Rouillat c’est le professeur qui officiait en tant que principal de ma classe de 3°8. Il fait partie de cette trempe de professeur que l’on compte sur les doigts d’une main au crépuscule de ses études et qui marque durablement une existence.  Coup de pot, alors qu’il aurait pu être professeur de mathématiques et que j’aurais pu finir médaillé Fields sur les bancs du parlement, il était professeur de Français et je suis un authentique anonyme qui a vraiment fini par aimé lire. De Primo Levi à Balzac, en passant par Dino Buzzati ou encore Stefan Zweig, Monsieur Rouillat me fit donc passer du statut de lecteur de devoir à celui de lecteur de droit ! Grâce à lui je ne lis plus par obligation. Je l’en remercie encore aujourd’hui.

         Pour autant, je ne suis pas devenu ce boulimique de littérature que j’aurais voulu être et je continue aujourd’hui encore, à tout juste trente ans, d’entretenir une relation que je qualifierais de libertine avec la littérature. Non, je ne lis pas deux livres par semaine. Oui, ma table de chevet est remplie de livres qui attendent toujours que je leur témoigne un peu d’affection. Il m’arrive même de passer plusieurs semaines (voire plusieurs mois puisque j’ai décidé d’être sincère) sans même ouvrir un livre. Car je n’apparente pas la littérature à un quelconque virus et encore moins à une drogue. Pour être concis, j’aime lire et … ne pas lire.

         Voilà le lecteur que je suis : un bien piètre amant de la littérature, tellement jaloux de son temps libre, qu’il ne peut lui consacrer toute son énergie.

         Je suis aussi ce lecteur matérialiste. J’aime l’objet. Le livre. J’aime le sentir. Le palper. Le torturer. L’estampiller « livre lu » en lui laissant les stigmates des pages écornées comme autant de marque-pages. J’aime l’idée de savoir qu’un livre a connu plusieurs histoires.  Trouver en son sein des traces d’amants précédents. Peu m’importe qu’un livre soit annoté, déchiqueté, rapiécé pourvu que l’on puisse encore le lire. Parce qu’avant d’aimer l’objet, je chérie son passé. Et n’en déplaise aux minimalistes, j’aime les collectionner.

         Au delà de l’objet, c’est le marqueur que j’aime. On se souvient à vie d’un livre qui nous a bouleversé. Je reconnais d’ailleurs bien volontiers que j’ai pris plus de claques avec les livres qu’avec mes propres parents. Oui, certains livres me marquent. Peu importe le sens de la marque pourvu qu’elle soit là. D’autres me laissent uniquement le souvenir d’un moment savoureux. Mais je ne regrette aucune des lectures que j’ai pu avoir : de « J’aime lire » à Dostoïevski en passant par Picsou magazine et Oscar Wilde. Tout comme j’aime parfois ne pas lire, il m’arrive parfois d’aimer ne pas aimer un livre. Les possibilités de débats post-lecture en sont décuplées.  Mon frère à coutume de dire que la lecture est une passe-temps d’égoïste. C’est précisément, le lecteur que je suis. Un lecteur égoïste. Jusqu’au débat que le livre va susciter.

         Voilà le lecteur que je suis : celui à qui il reste encore de la place dans l’esprit pour être marqué au fer rouge. Ou encore celui qui affectionne de se retrouver dans la plume des autres.

         J’ajouterais que je suis un lecteur de lieu. Un lecteur de lit pour être précis. A ce jour, je ne connais de meilleurs endroits que le lit pour jouir pleinement des plaisirs de la lecture. Je n’en cherche d’ailleurs pas d’autres. Aussi, dans l’éventualité ou je ferais parti de votre jury, je vous serais sincèrement reconnaissant de bien vouloir m’offrir un matelas anti-escarre afin que je puisse lire dans mon lit sans risquer toutefois d’affaiblir ma circulation sanguine. Notez qu’il s’agit là d’une simple demande qui n’appelle pas forcément de réponse positive.

       J’en viens à mes lectures. Mes lectures. Quelles sont mes lectures ? Voilà une question à laquelle je suis bien incapable de répondre correctement. Ou même de répondre tout court, d’ailleurs. Répondre à cette question serait aussi absurde que de s’entendre dire par quelqu’un qui décroche le téléphone : « je ne peux pas te parler ». Pourquoi décrocher alors ? Il en va de même avec les lectures. Je ne sais pas ce que je lis, pourquoi je lis ou encore quand je lis. Je sais seulement comment je lis : Dans un lit. Mais ça, je vous l’ai déjà dit. Ainsi, affirmer que j’ai un style privilégié serait mentir. Puisque je n’en sais rien. Si le sens du livre m’intéresse, l’auteur me passionne. Voilà pourquoi je suis incapable de répondre à votre question. Parce qu’au genre des livres, je préfère les styles des auteurs. Dites moi qu’Oscar Wilde est toujours en vie et qu’il prépare une nouvelle pièce et croyez bien que je vous croirai sur parole mais qu’en plus je foncerai acheter son livre sans autre forme de questionnement ! Et si l’auteur revêt souvent plus d’importance que l’œuvre, c’est parce que je guette cette œuvre moyenne qui fera de lui un être humain à part entière.  Renforçant alors l’idée de volubilité du talent.

         Alors je pourrais essayer de faire état de mes lectures. Je pourrais vous parler de ma rencontre avec Steffen Zweig, à l’occasion d’un rêve durant lequel j’ai pu l’interviewer après sa finale à Rolland Garros perdue contre Jean-Michel Ribes. Ou encore de ma rencontre avec celle que je sers chaque soir contre mon corps comme Gros-calin se tortille autour de Monsieur Cousin. Je pourrais vous narrer cette journée entière à me poser la question du vrai en compagnie de Delphine de Vigan. Ou encore le plaisir simple ressenti à l’annonce de l’adaptation au cinéma de la pièce  « incendies » de Wajdi Mouawad. Et peut être aurez-vous ainsi quelques bribes de fifrelin de pistes pour définir mes lectures.

         J’ignore si vous êtes plus avancés mais la lettre, elle, l’est. Et touche donc à sa fin.

         Comme je n’affectionne pas l’idée de quémander des lignes durant, je vous donnerai deux raisons qui me poussent à vouloir faire partie de votre jury.

     Comme je vous l’ai dit, j’aime collectionner les livres. Faire partie de votre jury constitue donc une formidable occasion de compléter ma bibliothèque qui est loin d’être aussi fournie que celle d’augustin Trapenard.

         En outre, il se trouve que celle qui partage mon lieu de lecture de prédilection n’a de cesse de me demander si je vous ai enfin écrit. Comme je l’aime, je l’ai fait. Pour elle. Mais aussi pour moi. Parce que ça me donnera l’occasion d’être égoïste le temps des lectures que vous me proposerez.

          En vous remerciant de votre lecture,

          Tristan Mausurga