Fesse-moi encore

Aujourd’hui, on va parler de la fessée. Un sujet qui me tient à cul. La fessée qui fait son grand retour dans le débat parlementaire et qui va donc être « symboliquement » interdite.  Dans cette rubrique, je vais m’attacher à analyser le meilleur des propositions de nos politiques. Disons que je suis plus proche du chômdu que du burn out, mais au moins en cas de page blanche, j’ai déjà l’excuse.

C’est pas évident de faire le tri parmi toutes les propositions de lois. A tel point qu’après avoir mis des quotas pour imposer l’égalité homme femme dans le gouvernement, on se demande pourquoi ils n’ont pas fait pareil avec les bonnes idées. Qu’il y en ait quand même une de temps à autre. En cherchant bien, j’ai trouvé la fessée donc.

Alors, attention, je ne vous parle pas de celles auxquelles sont habitués les sportifs français depuis que Coubertin leur a expliqué que l’important c’était de participer. Non je vous parle de cette menace parentale qui consiste à dire : « tu la vois cell-là ? »

On ne va pas de mentir, cette loi anti-fessée, c’est clairement LA bonne idée : elle dénonce notamment le fait que : « la violence subie au sein de la famille apprend à l’enfant que l’on règle les conflits par la violence et par le rapport de force ». Or comme chacun sait depuis que marguerite Yourcenar l’a écrit : « c’est quand tu as un frelon sur les couilles que tu comprends que la violence n’est pas forcément la solution ».

La force de cette proposition de loi, comme le souligne les parlementaires, c’est qu’elle sera : « un levier d’action efficace pour réduire les maltraitances, l’échec scolaire, les maladies, les suicides, les comportements anti-sociaux et la délinquance qui découlent de ces modes d’éducation ». Moi ce que je constate c’est que cette proposition de loi manque un peu d’ambition quand même. Mais je la soutiens totalement. Et je vais vous dire pourquoi.

Tout d’abord parce j’ai moi-même testé la fessée. Pas en tant que donneur mais en tant que receveur. Petit, j’en ai soupé de la fessée. Et aujourd’hui, je me pose cette question de savoir si je méritais plus la première fessée que je recevais après avoir décollé et bouffé le papier peint de ma chambre ou bien la deuxième fessée que je prenais après avoir répondu à ma fesseuse de mère : « même pas mal ». La seule chose dont je me souviens avec précision, c’est qu’aux mains bagouzées de ma mère, je préférais les mains burinées de mon père qui avaient l’avantage d’être nues. Toujours est-il qu’à force de fessées, et pour reprendre Anatole France, mes parents ont bien fini par réussir à mes faire entrer les vertus par le cul !

Passé ce récit émouvantionnant sur l’histoire de mon derrière, je tiens à préciser que ce texte se positionne plus comme force de proposition que comme solutionneur. Une sorte de lanceur de pistes.

En voici donc quelques-unes que je propose modestement pour ceux qui sont pourvus des attributs leur permettant de s’adonner au reflexionnement :

Comme première proposition, je reprendrais celle d’Agnès Buzyn, notre ministre de la santé à tous et mon mentor en termes de bonnes idées. Il y a quelque mois, elle a pu se prononcer en faveur de l’interdiction de la cigarette dans le cinéma. Suivant son raisonnement, je pense qu’il serait bon d’interdire toute chanson faisant référence de près ou de loin à la fessée. Car les chansons inciteraient nos jeunes à vouloir fesser ou se faire fesser. Ainsi, Adieu ! Adieu la fessée de Luce. Adieu la petite fessée du dimanche soir des coquettes. Adieu l’apologie de la fessée de Pierre Chêne. Ou encore Adieu Mylène Farmer et son Pourvu qu’elles soient douces. Aller hop ! Ça dégage ! Sans oublier bien sur celui que j’appellerai le Jaques Mesrine de la chanson : George Brassens qui prône en même temps la cigarette ET la fessée dans sa chanson éponyme « la fessée ». Là, on est quand même sur un forcené de la violence.

Pour aller plus loin et donner toutes leurs chances de bientraitance à nos chérubins. Je propose de mettre en place un nouveau dispositif : « alerte fessement ». Il s’agirait de pourvoir chaque enfant sur le territoire national d’une sorte de bipper relié par satellite et qui leur permettrait, en appuyant simplement sur un gros bouton rouge, de prévenir les autorités qu’ils sont victimes de fessage. Un message d’alerte serait automatiquement envoyé au ministère de l’éducation tandis que le visage du fesseur apparaitrait sur tous nos écrans. Je travaille déjà sur ce projet pour arriver à fournir aux enfants un boitier suffisamment petit pour rentrer dans leur cartable sans pour autant prendre la place du gouter. Un projet ambitieux donc, mais qui je crois, est nécessaire.

Autre proposition : Pour alimenter les tribunaux des réseaux sociaux, je propose un nouvel # :  #balancetonfesseur. Qui serait dédié aux bouts d’choux qui pourront là encore, dénoncer anonymement toute agression de fessement. Je pense également qu’une page facebook pourrait être efficace pour recueillir tous les témoignages. Un Wall of shame en quelque sorte.

Alors, n’allez surtout pas pensez que je suis contre toute idée de punition et que je me pose en défenseur d’un laxisme éducatif pourvoyeur d’enfants rois. Pas du tout, Pas du tout !  Non. L’enfant, quand il a commis une bêtise doit le savoir. Et doit donc être puni. Mais frapper le petit parce qu’il a lui-même tapé sur sa frangine, pas sûr que la logique soir évidente.

Je suis donc pour la punition. Mais je pense qu’au lieu de fesser l’enfant, il faut le responsabiliser. Le traiter en adulte. D’égal à égal. Et trouver des solutions plus adaptées que la fessée en termes de punition.

Exemple, le petit Oscar qui a sauté à pieds joints dans une flaque et qu’il a salopé sa belle salopette toute neuve. Là, papa a les glandes, mais comme punition alternative à la fessée, je préconise deux mois de prison avec sursis. Avec peut-être une circonstance atténuante, si Oscar portait des bottes au moment des faits.

Si Oscar se montre cruel avec votre poisson rouge en le balançant vivant dans la cuvette des toilettes, je pense qu’il faut y aller fort, à coup de buzyn, et prévoir de la prison ferme. Tolérance Zéro.

Enfin, si Oscar fugue, il m’apparaît évident que la pose d’un bracelet électronique empêcherait toute tentative de récidive.

Avec ces propositions fortes, je pense qu’on a là quelques pistes intelligentes.

Nul doute qu’elles seront « un levier fort » pour reprendre l’expression des parlementaires pour mettre véritablement fin aux comportements anti-sociaux, à la famine en Afrique, à la violence dans le monde, au virus de l’hépatite A voir B, n’ayons pas peur de l’optimisme.

Bien à vous,

Tristan Mausurga

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s